PHYTOSOCIOLOGIE, DYNAMIQUE ET PRODUCTIVITE DE LA VEGETATION DU PARC NATIONAL D’ARLY (SUD-EST DU BURKINA FASO)

Oumarou OUEDRAOGO
23 janv. 2026
Foresterie et Gestion de la Faune
(4.0)

Cette étude a été conduite dans le Parc national d’Arly avec pour, objectif principal de
fournir des données sur la végétation, pour à la fois repondre aux besoins de recherches sur la biodiversité et pour soutenir les stratégies de gestion durable des aires de conservation du Burkina Faso. Tenant compte de l’absence de connaissances détaillées sur la phytodiversité du Parc national d’Arly, les objectifs de recherche ont été accentués sur l’évaluation des potentialités floristiques du Parc, sur la phytosociologie à travers l’identification des groupements végétaux ainsi que le rôle des determinants topo-édaphiques sur leur répartition spatiale. Pour ce faire, 175 relevés phytosociologiques ont été effectués suivis d’analyses multivariées. Des échantillons de sols ont été prélevés dans chacun des groupements végétaux discriminés. Aussi, des relevés
dendrométriques ont été réalisés pour apprécier la tendance évolutive des groupements. En outre, face à la problématique actuelle de gestion des fourrages des aires protégées, une typologie et le potentiel productif des pâturages herbacés ont été effectués par la coupe et la mesure de biomasse. Les différents résultats se rapportant à la structure et la distribution de la phytodiversité ont été spatialisés sur des cartes phyto-écologique et physionomique grâce aux techniques de la télédectection et des systèmes d’informations géographiques (SIG) afin de pourvoir aux aménagistes, des outils pratiques de suivi-écologique. Les résultats de l’inventaire floristique montrent que le Parc national d’Arly demeure un milieu de référence pour la conservation de la phytodiversité du Burkina Faso. La richesse floristique s’estime à 454 espèces, soit 31,24 % de la flore nationale. A l’instar des autres aires protégées de la région nord soudanienne du pays, l’originalité et la stabilité de la flore du Parc est d’une part, traduite par la prédominance des familles de Poaceae, de Fabaceae et de Rubiaceae et d’autre part, par sa phytochorie à tendance soudanienne. En outre la diversité des écosytèmes est un facteur qui favorise la diversification de cette aire protégée. Les ordinations indirectes (DCA) et directes (CCA) des relevés phytosociologiques montrent que les principaux déterminants écologiques qui expliquent le mode de répartition des 10 groupements végétaux décrits sont, d’abord la topographie et la profondeur des sols. Ensuite, viennent la texture, la teneur en calcium disponible, en magnésium disponible et en phosphore
assimilable. Toutefois, la concentration de ces déterminants secondaires dépend des premiers. Sur la base des études synsystématiques réalisées sur les végétations de l’Afrique de l’Ouest, sept nouveaux syntaxons (une alliance et 6 associations) ont été décrits. Cela confirme l’intérêt de la poursuite des recherches floristiques pour aboutir à une connaissance fine de la végétation des savanes. L’analyse de la structure démographique des espèces ligneuses dominantes des associations végétales révèle, pour la plupart des cas, des populations instables. Si le caractère compétitif des graminées figure parmi les facteurs écologiques freinant l’épanouissement des ligneux, c’est principalement l’impact des feux qui rend plusieurs espèces vulnérables au cours de leur développement surtout dans la strate juvénile. Des solutions d’aménagement ont été recommandées pour augmenter la résilience des groupements.
Par ailleurs, la végétation herbacée est constituée de six types de pâturages dont la
productivité est dépendante des caractéristiques physico-chimiques des sols. Vu le potentiel productif et la qualité des fourrages, une exploitation rationnelle serait utile à la fois pour une dynamique progressive de la végétation et pour la satisfaction des besoins socio-économiques des populations riveraines du Parc.
Mots clés: phytodiversité, groupements végétaux, ordination, déterminants topo-édaphiques, évolution, biomasse, aménagement, Burkina Faso

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