NON-TIMBER FOREST PRODUCTS USE AND BIODIVERSITY CONSERVATION IN BENIN

Fifanou Gbèlidji VODOUHE
31 janv. 2026
Foresterie et Gestion de la Faune
(4.0)

Les Produits Forestiers Non-Ligneux (PFNL) sont exploités à travers le monde par les populations pour leurs besoins quotidiens ainsi que pour la confection de revenus. Cependant, la relation entre la contribution de l‟exploitation des PFNL au revenu des populations ainsi que l‟effet de cette exploitation sur le statut de conservation des espèces collectées restent un sujet à débat. La présente étude a sondé ces différentes relations en analysant la perception qu‟ont les populations riveraines de la Réserve de Biosphère de la Pendjari de la conservation de la biodiversité, l‟importance économique des PFNL dans la Réserve de Biosphère de la Pendjari, la diversité des espèces exploitées, les facteurs socio-économiques et culturels influençant l‟importance accordée aux espèces par les populations ainsi que les effets de l‟exploitation des espèces sur leur statut de conservation tout en ressortant les stratégies développées localement par les populations pour assurer la durabilité de l‟exploitation des espèces collectées. Les données ont été collectées par enquêtes socio-économiques et au sein des placeaux installés dans la réserve. Elles ont été analysées au moyen des statistiques descriptives, de l‟analyse de variance, de l‟analyse discriminante pas-à-pas et du modèle linéaire généralisé.
Les résultats révèlent que la perception positive qu‟ont les populations riveraines de la conservation de la diversité biologique à l‟intérieur de la Réserve de Biosphère de la Pendjari est fortement corrélée à l‟actuelle méthode de gestion de cette réserve qui implique davantage les populations riveraines, leur niveau d‟éducation, leur origine géographique et les bénéfices qu‟elles obtiennent de cette reserve tels que les PFNL. En effet, le Revenu Annuel Net des PFNL dans la Réserve de Biosphère de la Pendjari est estimée à 165 817 +/- 9 127 FCFA/ha (US$ 368 ha-1). Une analyse de la diversité des espèces utilisées localement a révélé un total de 76 espèces de grande valeur pour les populations (les indices de valeur vont de 0,005 à 7,54). La majorité des plantes utilisées par les populations (80%) sont des espèces à usage multiples. Les valeurs accordées aux espèces sont influencées par la forme de vie des espèces ainsi que le genre et l‟appartenance ethnique des enquêtés. Les populations de la Réserve de Biosphère de la Pendjari se réfèrent aux ressources de la réserve principalement pour l‟alimentation (99%), la médecine (93%) et les cérémonies religieuses (57%). La comparaison de la contribution des PFNL au revenu des populations riveraines de la réserve (cas d‟étude de Parkia biglobosa; espèce la plus importante pour les populations) n‟a révélé aucune différence selon le niveau de prospérité des enquêtés. Aussi bien les pauvres que les riches dépendent de l‟exploitation de cette espèce. Durant sa période de disponibilité, l‟espèce contribue à 53% au revenu des ménages. La principale stratégie développée par les populations pour assurer la durabilité de l‟exploitation des espèces est le système de parc agroforestier. Environ 21 espèces ligneuses sont retrouvées dans ce système qui contient aussi bien des espèces locales qu‟exotiques avec une dominance d‟espèces locales (85%). En dehors des herbacées, toutes les espèces identifiées comme étant de grande importance pour les populations se retrouvent dans ce système. Concernant

l‟impact de la collecte des PFNL sur la durabilité de l‟exploitation des espèces, l‟étude du cas du P. biglobosa n‟a pas permis de révéler des indices pouvant permettre d‟indiquer que la collecte de fruits constitue une menace pour l‟espèce. Ainsi, pour des ressources reproductibles, il serait possible de concilier les objectifs de conservation et de réduction de la pauvreté mais cette conclusion mérite d‟être prise avec attention. En effet, une analyse de la chaîne de commercialisation de sept plantes médicinales de grande importance a révélé que l‟inégale distribution des marges brutes de commercialisation entres les acteurs impliqués et la recherche d‟un plus grand profit compromet dangereusement la durabilité de l‟exploitation des espèces prélevées.

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