Impacts socio-economiques de la transhumance transfrontalière dans la zone riveraine du parc W du Bénin

Byll Orou KPEROU GADO
08 janv. 2026
Sciences et Technologies Agro alimentaires et Nutrition Humaine
(4.0)

En Afrique subsaharienne, l’élevage est une activité agricole d’importance à la fois économique, sociale et culturelle. Selon la FAO (1997), dans les pays sahéliens, les produits d’élevage participent pour 10 à 20% au Produit Intérieur Brut (PIB) et parfois jusqu’à 50% aux ressources d’exportation. Dans cette région d’Afrique de l’Ouest, le système d’élevage du bétail est majoritairement extensif et transhumant. L’élevage transhumant qui est le déplacement alternatif et saisonnier des animaux (DIALLO et al., 1985) est un système de production animale adapté au contexte sahélien semi-aride. La variabilité spatio-temporelle de la pluviométrie dans ces milieux rend aléatoire la disponibilité des ressources alimentaires pour les animaux.

Ainsi, la mobilité des animaux et leurs éleveurs est motivée par la recherche de pâturages, de points d’eau, mais également par la fuite des foyers d’épizootie ou le commerce d’animaux. La distance et l’amplitude des déplacements sont très variables et peuvent se dérouler dans un même pays ou entre pays limitrophes. Dans le dernier cas, on parle de transhumance transfrontalière. Ce type de transhumance se pratique en Afrique de l’Ouest habituellement en saison sèche, des pays sahéliens vers les pays côtiers (SOURNIA et al., 1998) en direction des terres de parcours. Elle se fait de plus en plus dans les parcs et autres aires protégées en raison de la raréfaction des zones de pâturage, de l’occupation des couloirs de transhumance, l’inadaptation de la législation foncière et l’existence de nombreux conflits sociaux. L’incursion incontrôlée des éleveurs transhumants et leurs animaux dans les aires protégées et leur périphérie n’est pas sans poser d’une part de problème de cohésion sociale avec les population autochtones et d’autre part de difficulté de gestion des ressources. Des initiatives publiques, en collaboration avec des partenaires au développement, sont ainsi en cours dans certaines réserves pour une gestion participative impliquant les populations riveraines et les éleveurs transhumants.

PUBLICITE

De la même catégorie Sciences et Technologies Agro alimentaires et Nutrition Humaine

Odile DOSSOU GUEDEGBE
23 janv. 2026
PUBLICITE

Autres publications


PUBLICITE