La fragmentation des habitats induisant une diminution de leur surface, de leur
connectivité et une augmentation de la zone de contact avec d’autres milieux constitue l’une des menaces majeures pour le maintien de la biodiversité. La forêt classée des Monts Kouffé et ses terroirs riverains subissent des pressions anthropiques dues à la croissance démographique galopante. Ces pressions se manifestent à travers l’agriculture itinérante sur brûlis, le surpâturage, le braconnage et l’exploitation forestière abusive. L’objectif global de cette thèse est de contribuer à la conservation de la diversité biologique des écosystèmes forestiers fragmentés de la forêt classée des Monts Kouffé et de sa périphérie par une meilleure connaissance de l’écologie de ces écosystèmes, des causes profondes de leur fragmentation et des impacts sur la diversité floristique. Les méthodes ici utilisées sont basées sur la Télédétection, la Cartographie, les SIG, l’Ecologie du paysage, la Phytosociologie, les enquêtes socio-économiques et la modélisation par le modèle MaxEnt. Grâce à la Télédétection, la Cartographie et le SIG, les images satellitaires Landsat TM de 1986, ETM+ de 2006 et OLI-TIRS de 2013 du secteur d’étude ont été interprétées pour obtenir les cartes d’occupation des terres. Les matrices de transition réalisées à partir des programmes ‘‘PontiusMatrix22’’ et ‘‘Intensity Analysis02’’, ont permis de mesurer les intensités et vitesses de changement des catégories d’occupation des terres sur deux intervalles de temps (1986-2006 /2006-2013). L’Ecologie du Paysage a permis de calculer à partir des superficies
des îlots de forêts denses sèches, les valeurs des indices de structures spatiales de ces trois années. Il s’agit du nombre de taches, de l’aire totale des taches, de l’aire moyenne, de la dominance, de l’indice de Shannon ou diversité des aires des taches, de l’indice de forme et de l’indice de fragmentation. Ces différents résultats obtenus dans les 3 périodes de l’étude confirment l’état de la dynamique spatio-temporelle des îlots de forêts denses sèches entre 1986, 2006 et 2013. L’approche phytosociologique a permis d’identifier 5 groupements végétaux. L’analyse des activités des populations locales a révélé que l’exploitation forestière, les feux de végétation, l’agriculture, l’érosion hydrique et la pauvreté des sols sont les facteurs
déterminants de la fragmentation des îlots de forêts denses sèches. Les valeurs de calibration et du test de l’AUC (Area Under Curve) du Modèle MaxEnt sont respectivement de 0,990 et de 0,981. Ces fortes valeurs indiquent que le modèle sur la prédiction de la distribution d’une espèce comme Bombax costatum est performant. Le test de Jackknife a montré que les variables individuelles du modèle ont le plus contribué à sa performance lorsqu’elles sont isolément utilisées. En termes de perspectives, on peut suggérer que les approches méthodologiques utilisées dans cette thèse soient appliquées à d’autres écosystèmes forestiers du Bénin (les forêts classées, les zones cynégétiques et les Parcs nationaux).
Mots clés : fragmentation des écosystèmes forestiers, télédétection, occupation des terres, forêt classée des Monts Kouffé, Bénin