Les milieux urbains des communes de Ouidah et d‟Allada connaissent une intensification des appropriations foncières, un accroissement des conflits fonciers, et une gestion approximative du foncier. La présente recherche est une contribution à l‟étude de cette dynamique et de ses conséquences sur le développement local.
La démarche méthodologique combine l‟analyse documentaire, les travaux de terrain auprès des propriétaires de biens fonciers et acteurs de la gestion foncière, le traitement des données et l‟analyse des résultats. Les données utilisées sont essentiellement relatives : aux textes réglementant la gestion foncière; aux pratiques foncières, aux valeurs vénales foncières, aux mutations foncières; aux taxes et droits d‟enregistrement fonciers, aux conflits fonciers et leurs impacts sur le développement local. Ces données ont été codifiées et saisies dans le masque conçu grâce au logiciel EPI INFO version 6.04 puis transférées dans le logiciel SPSS version 11.0 pour être traitées. L‟analyse des résultats a été faite grâce à l‟utilisation de plusieurs matrices et modèles. Il s‟agit de la matrice de transition, de MACTOR, de CAER, etc.
Il ressort que le cadre réglementaire et institutionnel du foncier ne permet pas de répondre efficacement aux problèmes afférents. Le marché foncier quant à lui, contraint le financement des initiatives de développement local ; avec environ 48,96 % et 60,9 % des plus-values qui échappent respectivement au budget de la Commune de Ouidah et d‟Allada. Alors que ce marché est caractérisé par un accroissement significatif des valeurs vénales et du volume de biens cédés.
Par ailleurs les biens fonciers sont en proie à une insécurité notoire, 28,53 % des acquéreurs en milieux urbains à Ouidah et 24,58 % à Allada ne possèdent aucune preuve de propriété. Le reste dispose d‟actes de présomption tels : la convention de vente, le certificat administratif, les procès-verbaux de partage etc. Cette situation favorise la recrudescence des conflits fonciers dont les principaux sont les crises de successions et les contestations/revendications de droit de propriété. Les conflits fonciers ont des conséquences sur le développement local. Il s‟agit : des dommages économiques, la non réalisation d‟infrastructures socio-communautaires, les pertes en vies humaines, la destruction d‟habitat, le blocage des opérations d‟aménagement, la non extension des réseaux d‟électricité et d‟eau, etc.
Mots clés : Ouidah et Allada, milieux urbains, marché foncier, conflits fonciers, développement local