Elaboré et inscrit dans la crise environnementale contemporaire (Larrère & Larrère 1997), le concept de biodiversité, révelé par le Sommet de la Terre (1992), constitue le cadre d’une réflexion sur les relations entre l’homme et le monde qui l’entoure. La transformation et la fragmentation des habitats naturels, conséquences des changements globaux, entraînent une érosion et une perte de biodiversité. Les excès et les menaces qui en découlent, constituent les fondements de cette crise. Celle-ci est renforcée par la méconnaissance des conséquences à court et long terme de cette prise en main de la biosphère par la « technosphère » (Larrère & Larrère 1997). Devant cette crise, d’ampleur mondiale (Groombridge & Jenkins 2002, Powledge 2002), la société s’interroge, se remet en question, et presse le monde scientifique d’apporter des éléments de réponse (Drouin 1991). Dès lors, comment prévenir cette perte ? Sans la connaissance de son origine, des déterminants
de son érosion, et finalement de son rôle dans l’équilibre dynamique de la biosphère, on voit mal comment et, dans quelles directions, orienter la gestion durable. Or, la nécessité d’intervenir se fait pressante sans que la façon d’agir soit toujours définie avec exactitude. Une stratégie globale et opérationnelle de conservation et gestion de la biodiversité doit prendre corps.