A partir des activités génératrices de revenus qu’elles exercent, les femmes rurales jouent un rôle économique important en contribuant de manière significative au revenu de leur ménage. Cet article vise à évaluer la rentabilité économique de ces activités et à en identifier les déterminants. Pour ce faire, des données ont été collectées auprès de 124 femmes rurales choisies de façon aléatoire dans la Commune de Gogounou au Nord-Bénin. L’outil d’analyse a consisté au calcul des revenus annuels nets des femmes et à la modélisation économétrique des facteurs pouvant déterminer ces revenus. Les résultats obtenus montrent que les différents types d’activités menées par les femmes rurales de la zone d’étude sont économiquement rentables puisque les revenus nets d’exercice sont tous positifs. Aussi, les revenus nets annuels sont en moyenne 132.949,43 FCFA pour l’agriculture, 110.819,37 fcfa pour les activités de transformations des produits agricoles, 50.588,57 FCFA pour l’élevage et 297.634,84 FCFA pour l’ensemble commerce, couture et artisanat. Pour l’ensemble des activités exercées par les femmes, le revenu net annuel est en moyenne de 316.909,18 (±242.103) FCFA. Les facteurs identifiés comme déterminants du revenu des femmes sont : l’existence d’au moins une coépouse (c = -58.100), le contact des femmes avec un agent de vulgarisation (c = +55.002), le nombre d’années d’expérience dans l’exercice des activités (c = +13.223), l’origine de la femme (c = -56.140), l’accès au crédit (c =+22.900) et la distance qui la sépare du chef-lieu de la commune (c = -5.897). Ces résultats suggèrent que les politiques de développement rural doivent en particulier améliorer les services de vulgarisation et de crédit agricole, ainsi que les infrastructures de désenclavement et sensibiliser les hommes sur la monogamie afin d’accroître les revenus et le bien-être social